Guillaume MALZAC




Guillaume MALZAC

responsable achats pôle Facility Management




Peux-tu nous parler de toi ?

Quel est ton périmètre d’activité et quelles sont tes principales missions ?

Je suis responsable achats pôle Facility Management* dans une entreprise du retail.

Au sein de mon entreprise, je suis en charge de la rédaction du cahier des charges, de l’appel d’offres, de la négociation, de la contractualisation et du suivi de l’implémentation des contrats négociés. Je travaille étroitement avec les clients internes (donneurs d’ordres) aussi bien en amont qu’en aval d’un projet. La plupart du temps, les clients internes avec qui je travaille sont les Directeurs Techniques, Sûreté, RH et logistiques. Je suis également en contact régulier avec la Direction Financière pour valider les économies ou évitements de coûts, sécuriser et anticiper les dérives budgétaires.

Ma mission première est d’apporter à mon entreprise la prestation au meilleur rapport qualité/prix. Je suis également le garant de l’amélioration continue des prestations délivrées par les prestataires référencés et de la bonne satisfaction de mes clients internes/utilisateurs.

Enfin, je manage 2 acheteurs et m’assure qu’ils apportent également le meilleur service aux clients internes/utilisateurs et ce, en accord avec la politique de l’entreprise.

Quel est ton parcours (formation, expériences significatives…) ?

J’ai obtenu un Bac ES, un BTS Commerce et Distribution, une Licence pro Distech, un Master 1 Chef de Projet agro-alimentaire et un MBA achat et Supply Chain.

Je suis un pur produit de l’alternance que j’ai débuté une fois mon BAC ES en poche. J’ai en effet été pendant 4 années apprenti chef de rayon et ce, pour diverses enseignes de la Grande Distribution. En cinquième année d’études, j’ai effectué un stage d’Acheteur Frais Généraux dans une enseigne de grande distribution de centre-ville.

Avant d’occuper mon poste actuel, j’ai occupé le poste d’Acheteur Frais Généraux pour cette même enseigne de grande distribution de centre-ville et pour une société d’assurance. Puis, j’ai occupé le poste de Consultant FM et le poste d’Acheteur Indirect dans une entreprise de retail. Cela fait maintenant 12 ans que je suis dans les achats indirects.

Peux-tu nous parler de ta vision concernant :

Les évolutions de notre secteur d’activité

Depuis les attentats de 2015, le monde de la sécurité/sûreté globale est en pleine mutation. Ce secteur voit sa reconnaissance progresser au sein de la population tel que l’a souligné le dernier sondages IPSOS commandé par le SNES sur « quelle image a la sécurité privée aux yeux des français ». Cette mutation va se poursuivre et nécessitera à mon sens, une adaptation des lois actuellement en vigueur (port d’armes, drones…)

Il va se développer à court terme une interdépendance de plus en plus grande entre intelligence artificielle et prestations humaines.

A moyen terme, je pense que certains pans de la sécurité seront totalement gérés par l’intelligence artificielle et/ou la robotique ce qui, obligatoirement, entraînera l’émergence de nouveaux métiers plus qualifiés mais à l’inverse, verra la destruction d’emplois notamment les moins qualifiés. Nous verrons si l’avenir me donne raison ou pas.

Ce qui à mon sens va également évoluer, c’est la relation entre clients internes, prestataires et acheteurs. Cette évolution nécessitera de facto des échanges plus développés entre toutes les parties prenantes du secteur. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui…

En effet, je vois se tenir des rencontres, débats, réunions entre clients internes et prestataires du secteur mais les acheteurs n’y sont que peu ou pas conviés. N’en déplaise à certains, les acheteurs deviennent incontournables et prennent de plus en plus de poids dans les organisations des entreprises et le secteur de la sécurité/sûreté n’y échappe pas.

Dès lors, on peut se demander pourquoi actuellement les acheteurs ne sont pas plus associés aux débats, tables rondes et prises de décisions ? Est-ce délibéré ou bien un refus de certains de voir l’évolution du secteur ?

Mais le temps fera son affaire et clients internes, prestataires et acheteurs seront obligés de développer des relations plus étroites. La résultante de se rapprochement sera une montée en maturité du secteur et un réel développement du terme « partenariat ».

Les opportunités qui s’ouvrent aux jeunes cadres dans le secteur de la sécurité globale et le rôle qu’ils auront à jouer

Pour moi, les opportunités seront multiples et excitantes, notamment pour ceux qui auront une appétence pour les nouvelles technologies. En effet, l’Intelligence Artificielle, la robotique vont se développer très rapidement et le secteur de la sécurité/sûreté sera un des secteurs les plus impactés. Les anciennes et actuelles générations auront plus de mal à s’adapter que celle qui ont baigné dedans depuis leur plus tendre enfance. Il y aura donc des opportunités pour les jeunes cadres d’apporter une plus-value à l’entreprise et donc d’y prendre rapidement des responsabilités.

La globalisation, les réseaux sociaux et les relations non pyramidales ont naturellement développé chez les jeunes cadres une capacité à travailler en équipe, à aller chercher les informations ailleurs et à ne pas travailler en silo.

Peux-tu nous parler des outils & innovations que tu utilises au quotidien et dont tu ne pourrais plus te passer :

Des outils que tu utilises au quotidien ?

En tant qu’acheteur, je ne suis pas l’utilisateur final. Je n’utilise donc pas d’outil spécifique.

Des solutions innovantes que tu souhaiterais promouvoir :

Je pense que pour certaines entreprises et certains besoins, l’utilisation de drones pour les levées de doutes pourra être à terme une solution d’optimisation financière intéressante.

Peux-tu nous parler du CJCS ?

Comment as-tu découvert le CJCS ? Et pourquoi as-tu souhaité y adhérer ?

En 2013, travaillant sur un dossier gardiennage, j’ai décidé de me rendre aux Trophées de la sécurité afin de me familiariser avec le secteur. Sur place, j’y ai rencontré le président actuel Jonathan Schifano. Nous avons échangé et il m’a parlé de son rôle au sein du CJCS. Cette discussion a retenu toute mon attention car justement, à cette époque, je souhaitais développer mon réseau professionnel notamment avec des jeunes cadres.

Quelques mois sont passés et j’ai décidé de me lancer.

En effet, l’idée de me retrouver dans un milieu plus ouvert que seulement cantonné aux achats m’attirait. Je ne pensais pas à cette époque que nous serions si peu nombreux à représenter les achats. Depuis j’essaie, à ma petite échelle, de faire connaître et reconnaitre les achats au sein du secteur.

Quelles sont les sujets d’actualités que tu souhaiterais voir aborder par le CJCS au cours des prochains mois ?

Je souhaiterai pour 2019 que le CJCS aborde les sujets suivants :

  • Comment améliorer les relations entre les partenaires du secteur afin que nous entrions enfin dans une relation gagnant/gagnant ?
  • La notion de TCO et comment elle peut s’appliquer au secteur de la sécurité afin de sortir de l’unique notion de coût horaire
  • Quelles seront les innovations de demain et comment s’y préparer au mieux ?

Quelles actions – quels axes de développements voudrais-tu que le CJCS porte au nom des jeunes cadres du secteur ?

Celles-ci sont reprises dans le point précédent :

  • L’amélioration des relations entre toutes les parties prenantes du secteur
  • Les alternatives au seul coût horaire
  • Les innovations de demain et comment s’y préparer au mieux

Quel est ton message aux membres du CJCS ?

Le secteur de la Sécurité/Sûreté connait et va continuer à connaître de grands bouleversements. Le développement de l’IA et celui de la robotique vont le changer en profondeur.

Comme toute révolution, cela ne se fera pas en douceur et seules les entreprises capables de s’adapter resteront. Elles auront donc besoin de profils faisant la part belle à la diversité, à la maîtrise des nouvelles technologies, à l’ouverture sur le monde et aux autres acteurs de l’économie.

En cela, les jeunes cadres d’aujourd’hui et de demain seront bien mieux armés que leurs ainés.

Le fait d’être membre d’un réseau professionnel type le CJCS est une corde supplémentaire à l’arc du jeune cadre en sûreté. C’est une aide complémentaire pour lui permettre d’abord, de trouver une entreprise de s’y épanouir et ensuite d’y gravir les échelons. En effet, être membre du CJCS lui permettra de cultiver son ouverture d’esprit, d’avoir une vision transverse sur le secteur et de monter en compétence plus rapidement sur les sujets et ce, grâce aux échanges avec des membres ayant déjà une expertise sur le sujet.

* Pour les non-initiés, le Facility Management (FM) comprend les activités de :

  • Services aux occupants (nettoyage, sécurité, restauration collective, espaces verts…) aussi appelé Soft FM ou multiservices
  • Maintenance des bâtiments (factotum, chauffage, ventilation, climatisation, sûreté des bâtiments, portes automatiques, entretien toiture…) aussi appelé Hard FM ou multiethniques
  • Gestion des utilités (électricité, gaz, eau…) aussi appelé Utilities.

Le FM comprend, dans sa forme la plus mature, la gestion de l’ensemble de ces commodités par un seul et même prestataire. Cette forme globalisée de gestion des commodités est très développée dans les pays Anglo-Saxons et ce, depuis une vingtaine d’année. Le FM global n’arrive pas à s’implanter fortement et durablement en France. En général, nous assistons plutôt à des regroupements de commodités en 2 familles multiethniques et multiservices voir à des regroupements plus petits de commodités.

2019-02-03T11:39:38+00:00